PROLOGUE

Extrait du Livre des Ères, tome I des Oracles de Mallorée.

 

Telles sont en vérité les Ères de l’Homme :

La Première Ere vit la création de l’homme. Ses créateurs le regardèrent s’éveiller et contempler, émerveillé, le monde qui l’entourait. Ils choisirent parmi ses multitudes ceux qui leur plaisaient puis ils bannirent les autres et les chassèrent au loin. Certains partirent vers l’Ouest, en quête de l’Esprit connu sous le nom d’UL, et nul ne les revit. Quelques-uns renièrent les Dieux. Ceux-là fuirent dans les confins du Nord et se commirent avec les démons. D’autres enfin se tournèrent vers les biens matériels. Ils allèrent dans l’Est ériger de puissantes cités.

Cependant nous nous désolions, à l’ombre des Cimes de Korim. Grande était notre amertume d’avoir été créés et rejetés.

Or il advint qu’une femme de notre peuple entra en transe. L’on eût dit qu’elle avait été ébranlée par une main puissante. Elle se leva de la terre où elle était assise et se cacha les yeux derrière un bandeau, car elle avait contemplé ce que nul mortel n’avait vu avant elle, et prononça ces paroles :

« En vérité je vous le dis, Ceux qui nous ont créés s’apprêtent à un banquet, le Banquet de la Vie. Nos Créateurs ont choisi selon Leur bon plaisir, et ce qui ne Leur agréait point, Ils l’ont écarté. »

« Nous sommes à présent le Banquet de la Vie, et nous nous lamentons qu’aucun Invité au festin ne nous ait choisis. Mais ne vous désespérez point, car un Convive doit encore venir. Si les autres Invités se sont régalés, le grand Banquet de la Vie attend toujours l’Hôte Bien-aimé, le dernier arrivé, et c’est Lui qui nous choisira. Espérez donc Sa venue, car elle est certaine. Bannissez tout chagrin, scrutez le ciel et la terre afin de lire les signes qui y sont inscrits, car en vérité, mon peuple, je te le dis, Sa venue dépend de toi. Sache qu’il ne pourra te choisir à moins que tu ne L’élises. Tel est le Destin pour lequel nous avons été créés. Levez-vous donc, mes frères, ne restez point assis sur la terre à vous désoler vainement. Acceptez la tâche qui vous incombe et préparez la voie à Celui qui viendra assurément. »

Grand fut notre émerveillement à ces paroles, et nous les considérâmes avec moult attention. Nous interrogeâmes celle qui devait être la première sibylle du monde, mais ses réponses furent obscures. Alors nous tournâmes notre visage vers le ciel, nous écoutâmes les murmures de la terre et nous apprîmes à les déchiffrer. Et dans le Livre des Cieux, dans les voix montant des roches, nous reconnûmes des myriades d’avertissements : deux esprits devaient venir à nous, l’un bon, l’autre mauvais. Longtemps nous cherchâmes et quand nous eûmes trouvé, nous en conçûmes un trouble plus grand encore car nous ne pouvions déterminer lequel était bon et lequel était mauvais. En vérité, le mal a pris l’aspect du bien dans le Livre des Cieux comme dans les chuchotements de la terre, et nul mortel n’eût été assez sage pour les départager.

Nous quittâmes l’ombre des Cimes de Korim en méditant tout cela. Nous renonçâmes aux préoccupations humaines afin de nous consacrer à la tâche pour laquelle nous avions vu le jour. Nos magiciennes et nos voyantes interrogèrent le monde des esprits, nos nécromanciens prirent conseil des morts et nos devins quêtèrent l’avis de la terre. Mais il s’avéra que nul n’en savait plus que nous.

Nous nous établîmes enfin dans une plaine fertile pour mettre nos connaissances en commun. Et voilà les vérités que nous avons recueillies auprès des étoiles et des roches, du cœur des hommes et de l’âme des morts :

Sachez que tout au long des interminables avenues du temps la division a entaché l’ensemble de ce qui est, car la division est au cœur même de la Création. D’aucuns prétendent qu’elle est naturelle et perdurera de toute éternité, mais cela n’est point. Si la division devait être immuable, alors le but de la Création serait de la contenir. Or les étoiles, les esprits et les voix dans les roches parlent du jour où la division prendra fin et où tout sera à jamais réuni, car la Création elle-même sait que ce jour viendra.

Sachez encore que deux esprits s’affrontent depuis l’aube des temps. Ces esprits sont les deux aspects de ce qui a divisé la création. Ils se rencontreront en ce monde, et le moment de leur rencontre sera celui du Choix. Si le Choix n’avait point lieu, ce monde disparaîtrait et jamais le Convive Bien-aimé dont parlait la Sibylle ne viendrait. C’est ce qu’elle voulait dire par ces paroles : « Il ne pourra te choisir à moins que tu ne L’élises. » Nous devons procéder au choix entre le bien et le mal. Il s’ensuivra une réalité du bien ou du mal, qui l’emportera jusqu’à la fin des âges.

Sachez encore que les roches de ce monde et de tous les autres mondes parlent continuellement des deux pierres qui sont au centre de la division. Elles ne faisaient qu’une jadis et elles étaient au cœur de la Création, mais comme tout le reste, elles furent séparées par une force qui anéantit en un instant des soleils entiers. Que ces pierres se trouvent en présence l’une de l’autre, et ce moment marquera assurément celui de l’ultime confrontation entre les deux esprits. Le jour viendra où tout sera réuni à nouveau, mais la division entre les deux pierres est telle que rien ne la saurait abolir. Quand elle cessera, l’une des deux pierres disparaîtra à jamais et l’un des deux esprits avec elle.

Telles étaient donc les vérités que nous avions réunies, et de leur découverte date la fin de la Première Ere.

La Seconde Ère de l’homme commença dans le tumulte et les bouleversements. En vérité, la terre elle-même se fendit, et la mer s’engouffra dans la faille, divisant le monde des hommes à l’instar de la Création. Les Cimes de Korim, ébranlées, gémirent et se soulevèrent alors que les flots les engloutissaient. Nous savions qu’il en serait ainsi, car nos sibylles nous l’avaient annoncé. Aussi avions-nous poursuivi notre chemin et trouvé la sécurité avant que le monde soit fendu et que la mer reflue puis revienne et ne reparte jamais.

Pendant des jours après cela, les enfants du Dieu-Dragon fuyant la montée des eaux s’établirent au nord, par-delà nos montagnes. Nos sibylles nous avertirent qu’ils reviendraient un jour parmi nous en conquérants. Nous nous demandâmes comment éviter d’offenser nos belliqueux voisins et de susciter leur convoitise. Il nous sembla qu’ils ne prendraient point ombrage de frustes communautés de laboureurs vivant des maigres ressources du sol, et nous gouvernâmes nos vies en ce sens. Nous détruisîmes nos villes, en dispersâmes les pierres et nous établîmes dans les champs où nous pensions qu’ils nous laisseraient poursuivre nos études en paix.

Des années passèrent, puis des siècles, les siècles devinrent des millénaires, et comme nos sibylles l’avaient dit, les Angaraks revinrent établir leur empire sur notre peuple. Ils donnèrent à la terre où nous vivions le nom de Dalasie ; nous fîmes ce qu’ils voulaient et nous continuâmes nos études.

Or donc, vers cette époque, un disciple du Dieu Aldur alla avec certains autres dans les confins du Nord reprendre au Dieu-Dragon une chose qu’il avait volée. Cet événement crucial marque la fin de la Deuxième Ere et le début de la Troisième.

Au cours de la Troisième Ère, les prêtres angaraks, que les hommes appelaient Grolims, vinrent nous parler du Dieu-Dragon et nous dire qu’il avait soif de notre amour. Nous étudiâmes leurs paroles comme nous nous penchions sur toute chose. Nous consultâmes le Livre des Cieux, et nous eûmes la confirmation que Torak était l’incarnation divine de l’un des deux esprits qui s’affrontaient au cœur du temps. Mais où était l’autre ? Comment les hommes pourraient-ils choisir si seul l’un des esprits venait à eux ? Nous eûmes alors la révélation de notre terrible responsabilité. Les esprits viendraient à nous, chacun en son temps, chacun prétendrait qu’il était bon et que l’autre était mauvais, mais c’était l’homme qui effectuerait le choix. Nous décidâmes, après réflexion, d’accepter le culte auquel les Grolims tentaient à toute force de nous contraindre. Ceci nous permettrait d’observer la nature du Dieu-Dragon et nous préparerait au Choix quand l’autre Dieu apparaîtrait.

Avec le temps, les événements qui agitaient le monde s’imposèrent à nous. Les Angaraks firent alliance avec les bâtisseurs des grandes cités de l’Orient appelés Melcènes, et ensemble ils fondèrent un empire sur lequel le soleil ne se couchait point. Les Angaraks accomplissaient de grandes choses, et les Melcènes étaient de brillants exécutants. Une décision prise une fois l’est à jamais, mais le travail revient tous les jours, et les Melcènes vinrent parmi nous chercher des aides pour les assister dans leur tâche sans cesse recommencée. L’un des nôtres que les Melcènes avaient recruté fut, dans le cadre de sa mission, appelé vers le nord. Surpris par un orage, il s’abrita en un endroit appelé Ashaba. Le Maître des lieux n’était ni un Grolim ni un Angarak ni aucun autre homme. Notre frère avait, sans le savoir, cherché refuge dans la Maison de Torak. Or il se trouve que Torak s’interrogeait sur notre peuple et Il envoya chercher le voyageur. De l’instant où notre frère contempla la face du Dieu-Dragon date la fin de la Troisième Ere et le commencement de la Quatrième. Car, en vérité, le Dieu des Angaraks n’était aucun de ceux que nous attendions. Les signes qui étaient sur Lui ne menaient point au-delà de Sa personne. Notre frère sut que Torak était condamné, et que ce qu’il était périrait avec Lui.

Ayant ainsi compris notre erreur, nous nous interrogeâmes sur ce qui nous avait échappé : même un Dieu pouvait n’être qu’un instrument du destin. De fait, Torak incarnait l’une des deux destinées mais Il n’était point toute la Destinée.

C’est alors que, de l’autre côté du monde, un roi fut tué ainsi que toute sa famille, hormis un enfant. Ce roi était le gardien de l’une des deux pierres où s’incarnait le pouvoir. A l’annonce de cette nouvelle, Torak exulta, croyant qu’un ennemi de toujours avait cessé d’être, et s’apprêta à marcher sur les royaumes du Ponant. Mais les signes dans les cieux, les murmures dans les roches disaient que les choses n’étaient point telles qu’il le croyait. La pierre était toujours gardée, et la lignée du Gardien n’était point éteinte. De la guerre, le Dieu-Dragon ne retirerait que souffrance.

Il investit moult générations de son peuple dans des tâches préparatoires. Tout comme nous, Torak scrutait les cieux dans l’attente des signes annonçant que le moment était venu de déclencher les hostilités, mais Il n’observait que ce qu’il voulait voir et non l’ensemble du message inscrit dans les étoiles. Il n’en avait lu qu’une infime partie lorsqu’il mit ses forces en mouvement. Il n’aurait pu choisir plus mauvais jour.

Ainsi qu’il était écrit, Torak connut le désastre dans la vaste plaine située devant Vo Mimbre, une cité du lointain Ponant. Le Dieu-Dragon sombra dans un sommeil d’où Il ne devait émerger que pour rencontrer Son ennemi.

C’est alors que nous parvint, dans un lointain murmure, un nom plus clair de jour en jour et qui devint une immense clameur le jour de sa naissance : Belgarion le Tueur de Dieu était enfin venu.

Dès lors, les événements se précipitèrent. La terrible rencontre se rapprochait à un rythme si rapide que les pages du Livre des Cieux se brouillèrent tant elles tournaient vite. En ce jour que les hommes célèbrent comme étant celui où le monde naquit à la lumière, Belgarion prit possession de la pierre du pouvoir. A l’instant où sa main se refermait sur elle, une vive clarté illumina le Livre des Cieux et le nom de Belgarion retentit jusqu’à la plus lointaine des étoiles.

Nous sûmes ensuite que Belgarion s’avançait vers la Mallorée avec la pierre du pouvoir et que Torak s’agitait dans son sommeil. Vint enfin la terrible nuit. Nous regardions, impuissants, les immenses pages du Livre des Cieux défiler si promptement que nous ne pouvions plus les déchiffrer. Puis elles se figèrent et nous lûmes cette terrible phrase : « Torak est mort. » Alors le Livre se mit à vaciller et la lumière s’éteignit dans la création tout entière. En cet épouvantable instant de ténèbres et de silence, la Quatrième Ere s’acheva et la Cinquième Ère commença.

Au début de la Cinquième Ère, un mystère nous apparut dans le Livre des Cieux. Tout jusqu’alors menait à l’affrontement entre Belgarion et Torak ; or des signes parmi les étoiles semblaient indiquer que les Destinées avaient choisi de nouvelles incarnations pour une dernière rencontre. Nous les sentions évoluer, sans savoir qui ou ce qu’elles pouvaient être, car les pages du Livre étaient obscures et indéchiffrables. Nous sentions pourtant qu’une présence nimbée d’ombre évoluait dans les affaires humaines, et la lune nous avertissait clairement que cette sombre présence était celle d’une femme.

Une chose nous apparut dans l’immense confusion qui enténébrait désormais le Livre des Cieux. Les Ères se succédaient, chacune plus courte que la précédente, et les Événements marquant l’opposition des deux destinées se rapprochaient constamment. Le temps de la contemplation passive était révolu. Nous devions nous hâter faute de quoi l’ultime Événement nous prendrait au dépourvu.

Il nous appartenait de veiller à ce que les acteurs de cet Événement soient à l’endroit prévu au moment voulu, en les y incitant, par la ruse au besoin.

Aussi envoyâmes-nous l’image de Celle Qui Devait Effectuer Le Choix d’abord à la présence environnée de noir puis à Belgarion, le Tueur de Dieu, afin de les mettre sur le chemin menant au lieu de l’ultime Événement.

Nous devions ensuite procéder à nos propres préparatifs, car il y avait beaucoup à faire avant le Choix. La Création n’avait été que trop longtemps divisée. Lors de la rencontre entre les deux destinées, la division prendrait fin et tout serait à nouveau réuni.

La sibylle de Kell
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